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Svay
Rieng : un déni de justice, pour Human Rights Watch
Écrit par
A.L.G. Vendredi, 29
Janvier 2010 16:01
L’ONG basée à New York
appelle les pays donateurs à faire pression sur le gouvernement après la
condamnation de Sam Rainsy à deux ans de prison ferme.
Le procès de Sam Rainsy
devant la cour provinciale de Svay Rieng « ne correspond pas aux standards
internationaux de justice équitable », critique l’ONG de défense des
droits de l’homme Human Rights Watch dans un communiqué daté de vendredi
29 janvier.
« Le tribunal était
entouré par des forces policières présentes en nombre, afin d’intimider la
défense et d’influencer le verdict – un grand classique au Cambodge, ont
relevé les observateurs. La cour provinciale de Svay Rieng est connue pour
le nombre de verdicts à motivation politique qu’elle a rendus », écrit
Human Rights Watch.
Estimant que « la
répression incessante du gouvernement à l’encontre des critiques se
poursuit à toute vitesse en 2010 », Brad Adams, directeur de HRW pour
l’Asie, estime que « Hun Sen semble vouloir revenir sur la politique de
pluralisme politique qui a été mise en œuvre depuis vingt ans ».
« Les seuls espoirs de
voir Hun Sen ralentir ses attaques à l’encontre de l’opposition dépendent
à présent de la communauté des donateurs, qui soutiennent le gouvernement
financièrement. Ce procès politique doit obliger les donateurs à
reconnaître la gravité de la situation », ajoute Brad Adams.
Human Rights Watch
rappelle que Sam Rainsy fait aussi l’objet d’une plainte déposée en 2009
par le gouverneur de Phnom Penh Kep Chuktema, accusé par le député
d’opposition d’être impliqué dans des achats de voix. Sam Rainsy a déjà
été condamné par contumace à dix-huit mois de prison en 2005, avant d’être
gracié en février 2006.
L’ONG, traditionnellement
très hostile au gouvernement, estime que depuis 1995 – date à laquelle Sam
Rainsy a créé son propre parti, après avoir été exclu du Funcinpec –
l’ex-ministre des Finances a été l’objet de tentatives d’assassinat, de
menaces, d’intimidations, d’attaques criminelles et judicaires. « Le 30
mars 1997, un attentat à la grenade contre un rassemblement politique dont
il faisait partie a tué au moins 16 personnes et en a blessé 150. […] Les
gardes du corps de Hun Sen étaient impliqués dans l’attaque », écrit HRW.
Le
CCHR condamne le verdict de Svay Rieng
Écrit par
J.B. Vendredi, 29
Janvier 2010 13:07
Le Centre cambodgien
des droits de l’homme (CCHR) critique la peine de deux ans de prison
prononcée à l'encontre de Sam Rainsy mercredi 27 janvier et s'inquiète de
la situation de la liberté d’expression, de l’indépendance judiciaire et
de la notion d’immunité parlementaire dans le pays.
Dans un communiqué de
presse daté du 28 janvier, le Centre cambodgien pour les droits de l’homme
rappelle qu’en l’espace d’un an, quatre députés de l’opposition se sont vu
retirer leur immunité parlementaire par une Assemblée nationale largement
dominée par le Parti du peuple cambodgien (PPC) en 2009. L’article 80 de
la Constitution cambodgienne dispose que chaque parlementaire doit pouvoir
remettre en question la politique et les activités du gouvernement en
place sans être poursuivi par la justice et être déchu de son immunité
parlementaire, rappelle le CCHR qui critique le « mépris » qu’affiche le
gouvernement vis-à-vis de la Constitution, et le presse de travailler de
concert avec les représentants de tous les partis politiques et de la
société civile.
Le CCHR poursuit en évoquant la question de la liberté d’expression, qu'il estime remise en cause par le dénouement de la polémique sur la frontière entre le Cambodge et le Viêtnam. L’article 41 de la Constitution garantit la liberté d’expression à chaque citoyen, rappelle l’ONG qui estime qu’elle constitue l’élément fondamental à la reconstitution du pays, permettant l’accès à la démocratie et l’implication du peuple cambodgien dans le processus décisionnel. « L’opposition, la société civile… chacun doit jouir de son droit à la parole quant à des sujets d’ampleur nationale, comme les conflits frontaliers par exemple », estime le CCHR. Celui-ci appelle le gouvernement à arrêter d’invoquer la diffamation et la désinformation et à travailler avec les ONG pour inclure la liberté d’expression dans un plan d’action concernant la défense des droits de l’homme. Il lui demande également de s’abstenir d’avoir recours aux poursuites judiciaires envers les parlementaires de l’opposition pour des divergences d’opinion. Par ailleurs, le CCHR s'alarme du recours à la justice cambodgienne pour « intimider » et « harceler » les membres de l’opposition, les représentants des ONG, les journalistes et les avocats, et pour les empêcher d’émettre leurs idées sur la scène publique. « L’influence du gouvernement cambodgien sur la justice est clairement plus forte que jamais », écrit le CCHR. Selon l'ONG, la cour provinciale de Svay Rieng n’a fourni aucun élément tangible justifiant le verdict de mercredi 27 janvier – quant à la véritable propriété du terrain sur lequel les pieux ont été arrachés, par exemple. La sévérité de la peine est sans commune mesure avec la nature de l’incident, affirme l’ONG, rappelant que le procès était à huis clos et que Sam Rainsy était jugé par contumace. Sam Rainsy demande l’aide de la communauté internationale
Écrit par Im Navin Jeudi,
28 Janvier 2010 13:40
À l’occasion d’une
vidéo-conférence organisée au siège du PSR, à Phnom Penh, jeudi 28 janvier,
Sam Rainsy a annoncé à la presse sa décision de porter plainte auprès de
la communauté internationale.
Le chef de file de
l’opposition Sam Rainsy, condamné le 27 janvier à deux ans de prison ferme
par la cour provinciale de Svay Rieng a fait part jeudi 28 janvier de sa
volonté d’appeler la communauté internationale à lui venir en aide. Le
président en exil du PSR mise surtout sur les pays signataires des Accords
de paix pour le Cambodge signés à Paris en 1991 pour lui prêter main
forte.
Sam Rainsy estime que le Cambodge a perdu entre 250 et 300 mètres de son territoire au profit de son voisin vietnamien à la suite de l'installation des pieux dans le district de Chantrear, dans la province de Svay Rieng. Il en veut pour preuve quinze pages de documents collectées auprès d’experts nationaux et internationaux contenant photographies et cartes sur lesquelles il souhaite s’appuyer pour porter plainte contre le gouvernement cambodgien. Sam Rainsy a d’ores et déjà précisé qu’il ne ferait pas appel de son jugement, estimant que le système judiciaire cambodgien est un simple outil entre les mains du pouvoir. Le chef de file de l’opposition qui séjourne actuellement en France a répété que son éventuel retour au pays est soumis à conditions : « Je rentrerais au Cambodge si les deux paysans condamnés dans cette affaire sont libérés et si leurs terres leur sont rendues », a-t-il précisé. |